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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 05:41

 

Il était une fois, sur une colline au centre du Japon féodal, un shogun nommé Akamatsu Sadanori…ses amis l’appelaient Mitsu…mais il avait pas d’amis. Sa femme Sega, lui avait donné deux fils Ya Maha et To Yota… Sa vie s’écoulait au rythme des récoltes de riz, des soirées Karaoké Saké et des guerres récurrentes contre les Shogun Nin Tendo et Sam Sung. Bref, en 1346, après une soirée où le saké coula plus que de raison, sur le chemin du retour, Mitsu chue et roula au pied de la colline. Prenant ce qui lui restait de courage, sa dignité ayant foutu le camp sur le coup,  il se releva et gravit la colline. Quant au petit matin, vers 14h00, il arriva enfin au bout des 800 m à parcourir, il s’effondra sur son tatami… « Boum et ronfle »…. Beaucoup plus tard, lorsque le tatami eu finit de tourner autour de lui après un petit dej riz et riz, il essaya de se remémorer sa soirée. Il en conclut que monter une colline était beaucoup plus long que de la descendre et que les fosses étaient de terribles adversaires. Ainsi fut décidé l’érection de la première fortification de la colline d’Himeji. L’histoire oubliera la mésaventure de Mitsu…mais pas le Saké Karaoké…

 

Et c’est donc, par une fraiche matinée d’hiver, que nous primes le train pour le château de Mitsu, plus connu sous le nom de Himeji. Comme suggéré par ma douce à la vue du plan du château, Luca voyagera à dos de papa, dans un fauteuil tout confort. Ce château, classé patrimoine mondial, est aussi surnommé le château du héron blanc. Il ressemblerait à un oiseau sur le point de s’envoler… 

 

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Il se dresse sur deux collines au milieu de la large plaine d’Harima. Lors de son expansion entre 1577 et 1613, son empreinte incluait les quartiers où résidaient servants, nobles samouraïs et probablement quelque uns des 25 000 ouvriers engagés dans les travaux. A travers les siècles, le béton grignota sans relâche ces faubourgs, et seules quelques miettes de l’enceinte construite au début du 17eme siècle sont encore visibles. Mais aucun parc ou autre bâtiment n’a trouvé grâce. Les rues de la ville moderne convergèrent vers les blancs remparts, pour finalement renoncer et le contourner. Comme si les douves, prévues pour repousser l’assaillant, avaient eu raison de l’appétit de l’urbanisation... Bref, on s’égare, revenons à notre visite.

 

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Luca le valeureux, sur son fidèle destrier (moi), s’élance donc, après une petite sieste, à l’attaque du château. Le château se défend bien, et déleste ses attaquants de quelques Yen pour les tickets. Le portefeuille est touché et saigne. Direction les quartiers d’habitation qui forment aussi une partie des remparts. Afin de protéger le plancher en bois, nous devons ôter nos chausses et enfiler des chaussons… trop petits pour le fidèle destrier… Cette partie du château était réservée aux logements de la princesse et de sa coiffeuse, sa maquilleuse, sa masseuse, sa manucure, sa consultante Feng Shui....et autres domestiques sur un coté. L’autre coté du bâtiment constituait un rempart. Donc d’un coté du couloir, meurtrières et mâchicoulis, et de l’autre, rideaux à fleurs...

 

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En suivant le plan d’attaque fourni à l’entrée, nous continuons à traverser les différentes enceintes. L’arrangement des remparts et des passages étaient conçu pour désorienter, et les portes de largeur réduite afin de ralentir l’assaillant. La dernière porte avant le donjon est construite en contrebas avec un mur sur le coté. Le mur était destiné a être détruit pour remplir le décaissé et condamner la porte définitivement.

 

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Le donjon s’offre à nous sans résistance… enfin si... on nous demande d’enfiler des chaussons et de prendre nos chausses dans des sacs plastiques… Envahir le donjon oui, mais en faisant attention à ne pas abimer.

Le donjon donc…entièrement dévolu à la guerre. Ici pas de cheminée, de tenture ou d’escalier en marbre. On se bat dans l’austère… L’ouvrage sert avant tout à la guerre, et c’est visible. Les murs en bois brut servent de râtelier pour les armes, les couloirs sur deux niveaux permettent l’installation des archers et la circulation. Du haut de ses 45 mètres, il renferme sept étages dont deux totalement invisibles de l’extérieur.

 

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Et pour y monter, on passe par des escachelles…. Un truc hybride avec des marches, trop raide pour être un escalier et passant par une trop petite trappe… Du coup le fidèle destrier (moi) se contorsionne pour ne pas assommer le valeureux chevalier qui pionce sur son dos et ne pas se casser la gueule avec ces chaussons trop petits. Décidément, envahir c’est pas facile.


Apres de nombreux « humpf…ça passssssse…BONG...a ben non…passe pas… », le dernier étage s’offre à nous avec sa super vue sur la vallée. Arrêtons nous un moment pour admirer la vue…en chaussons…avec nos pompes dans nos sacs de supermarché… ridicules. Non, parce qu’on est solidairement ridicules avec les autres visiteurs…le fameux effet de groupe…

 

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Et là, le chevalier se réveille, yeux entrouverts et filet de bave à la commissure des lèvres….le reste étant sur la tête du fidèle destrier (moi). Ce n’est ni l’altitude, ni l’excitation de l’ascension qui le réveilla…. Ca serait plutôt la faim et l’envie de marcher…ah ah !!… Donc, vous êtes dans une tour de 45 mètres, sans aucune commodité c.a.d ni wc, ni point d’eau, ni ascenseur…ni escalier conçu correctement…. Et il faut donc redescendre prestement avant le déclenchement des sirènes… « sort, sort…la clé, la clé ». Heureusement, un escalier récent a été installé pour faciliter la descente… bonne nouvelle…enfin pas vraiment, c’est exactement les mêmes escachelles avec une rambarde en plus…et c’est reparti au galop en chaussons, avec le chevalier qui bouge et attrape ce qui dépasse… Jusqu’en bas du château en passant par la cour des suicidés… bucolique comme endroit, avec une maison pour le médecin de garde qui vérifiait le bon déroulement du harakiri… Médecine suicidaire… on continue… «tacaclop tacaclop tacaclop », le fidèle destrier n’est plus en chaussons mais commence à en avoir plein le dos…

 

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Avant d’en finir, quelques remarques sur le château. Comme dit plus haut, le donjon était uniquement destiné à la guerre. Le souci de perfection lors de la construction en ont fait un ouvrage élégant. Les murs blancs, les charpentes et les tuiles lui donnent une présence unique. On a du mal a y associer un vocabulaire guerrier : donjon, meurtrière, mâchicoulis... On se promène entre les remparts blancs plutôt comme dans un jardin. Les petites portes, les différents fenêtrons, les murs couverts de tuiles ornées, les courbes des remparts ne semblent être là que par souci esthétique. 

Autre remarque, le château n’a jamais connu de guerre… la file d’attente et le prix du ticket ne doivent pas y être étranger… « A l’attaque !!!…oui, monsieur …votre ticket et mettez les chaussons d’abord…. »

A plus,

Olivier

 

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PS: Au cas ou, on peut tout manger avec des baguettes...

 

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Par Celine et Olivier - Publié dans : Voyage
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